Durant 5000 ans, royaumes, sultanats, empires, mais aussi invasions, guerres et politique ont joué un rôle essentiel dans la naissance de cette civilisation qui parait immuable mais ne s’est formée que d’apports extérieurs au cours des millénaires.
Le sous-continent indien a été peuplé dés l’origine de l’humanité, mais son histoire commence au 3° millénaire avant J.C avec la civilisation de l’Indus, une des plus anciennes du monde. Fortement urbanisée en grandes métropoles comme Harappa, Mohenjo-Daro ou Lothal cette brillante civilisation qui commerçait déjà avec le Golfe Persique et la Mésopotamie semble avoir disparu brusquement et s’achève avec la venue des Arya.
Ces aryens sont arrivés vers 1500 avant J.C, probablement des plateaux iraniens, à la recherche d’eau abondante. Ces indo-européens, guerriers et pasteurs, parlent le sanscrit, sont divisés en castes et pratiquent la religion védique. Ils se mêlent peu à peu aux autochtones et se sédentarisent. Vers 1000 ans avant J.C, ils pénètrent la vallée du Gange par la rivière Yamuna et fondent Indraprastha, la future Delhi. L’apport des Arya est capital dans l’histoire de la civilisation indienne. En effet leur culture toute entière est consignée dans le « Veda », véritable « trésor du savoir universel » qui règle les rapports entre l’Homme, l’Univers et les Dieux, et les Brahmanes sont les détenteurs héréditaires de ce savoir, ce qui leur permet d’asseoir leur pouvoir et de jouer un rôle prépondérant dans la société
Vers 500 avant J.C, le nord de l’Inde est envahi par Darius le Perse, puis par Alexandre le Grand (326 avant J.C). A cette époque un état princier de la vallée du Gange, le Magadha, domine tous les autres et devient le berceau de l’Inde ancienne. Ce royaume chasse les descendants d’Alexandre du Punjab et atteint son apogée sous le règne de l’empereur Ashoka, s’étendant de l’Afghanistan au sud de l’Inde. Ashoka se convertit au bouddhisme, qui, en réaction au pouvoir excessif et envahissant des brahmanes se répand dans toute l’Inde (mais ne s’y imposera jamais) et jusqu’au Sri Lanka. La dynastie des Gupta prolongera l’âge d’or du Magadha jusqu’au V° siècle après J.C.
Malgré la résistance des Rajput au Rajasthan, l’expansion de l’Islam par les arabes, les afghans et les turcs atteint l’Inde en vagues successives de 713 à 1192, date de la fondation du sultanat de Delhi. Malgré la mise à sac de Delhi par Timur, en décembre 1398, le sultanat durera jusqu’en 1526, date à laquelle Babur chasse la dynastie des Lodi, s’empare d’Agra et Delhi et fonde l’Empire Moghol.
Les successeurs de Babur fusionnant les deux civilisations, musulmane et hindoue, vont doter l’Inde du XVII° siècle d’une architecture magnifique, d’une organisation politique et économique remarquable et vont faire de ce pays, le plus riche du monde. Mais un fils de Shah Jahan, Aurangzeb, fanatique et intolérant, va susciter de nombreuses révoltes dans les états Hindous, chez les Sikhs et les Rajpoutes, minant la cohésion des communautés religieuses établie par Akbar. De 1707 à 1858, neuf empereurs Moghols vont se succéder dans la rébellion et la décadence de l’empire. La révolte des Cipayes, soldats indiens enrôlés dans l’armée britannique, contre la domination anglaise, soutenue par le dernier empereur Moghol, fut le prétexte choisi par les Britanniques pour le débarquer et passer l’Inde directement sous l’administration de la Couronne en 1858.
Présents depuis la fondation de la Compagnie des Indes au 16ème siècle, les Britanniques exerçaient principalement une tutelle commerciale grâce à la compagnie des Indes Orientales. Établies d’abord sur les côtes, les compagnies commerciales européennes créent de nouvelles villes comme Bombay, Madras ou Calcutta, mais à partir de 1757, la Compagnie des Indes s’approprie d’immenses possessions et ses troupes prennent le Bengale, noyau du futur empire, et Delhi en 1803. Puis la conquête britannique imposera le protectorat et l’Anglais comme langue d’enseignement. En 1877, la reine Victoria est proclamée impératrice des Indes à Delhi, qui deviendra la capitale en 1911. Né en 1869, Gandhi lance un mouvement de non coopération en 1920 et de désobéissance civique en 1930 et réussit à fusionner le nationalisme des classes moyennes et la colère des pauvres en un grand mouvement protestataire. Le mouvement « quittez l’Inde », en 1942 sera durement réprimé par les Anglais qui créeront pourtant un gouvernement provisoire indien en 1946 présidé par Nehru. Le 15 août 1947, la couronne Britannique accorde son indépendance à l’Inde qui se scinde en 2 états : l’Inde et le Pakistan. Gandhi sera assassiné le 30 janvier 1948.